
Le hasard des rencontres familiales m’a fait retrouver aujourd’hui des proches au Louvre. Une foule folle, un dimanche veille de jour férié. 99% d’étrangers. Une cohue pas très agréable et je me suis demandé ce que ces piétineurs pouvaient apprécier et retenir des œuvres dans un tel brouhaha.
Et puis j’en ai vu un, puis deux, puis, mon attention étant aiguisée, probablement des dizaines au cours de ma balade : des touristes avec le Da Vinci Code en main. Il faut dire que le film sort dans une grosse quinzaine de jours. Mais ça n’en était pas moins étonnant. La plupart faisaient la balade avec leur Dan Brown ouvert au lieu du guide officiel du Musée. Sans doute cherchaient-ils à faire correspondre les descriptions et les salles qu’ils traversaient. Cherchaient-ils des indices ? Allaient-ils se griller les yeux à essayer de lire un quelconque message codé sur les toiles ?
Indépendamment de la valeur intrinsèque de ce livre – contestable, dira-t-on sobrement pour ne pas rentrer dans la polémique – cette scène cocasse appelle une autre question : un livre peut-il encore donner envie de découvrir le monde ? Il semblerait. Quelle belle revanche de la fiction ! Quelle belle revanche de l’édition ! Comme on voyageait au XIXe siècle à travers l’Europe, ses classiques en main, les touristes d’aujourd’hui cherchent dans nos rues la vérité d’un livre. Bon, Dan Brown n’est i Homère ni Cicéron, mais je ne peux m’empêcher de le remercier ce soir pour cette fonction induite, qu’il n’avait certainement pas imaginée en écrivant son thriller bien formaté.











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